L'Oeuf à voiles

Christophe Colomb

 

Ses débuts sont mal connus. Né vers 1451, Christophe Colomb entra au service de la reine Isabelle de Castille vers 1492. On pense qu’il envisageait de se rendre aux Indes en se dirigeant vers l’Ouest. Il obtint de la souveraine trois caravelles.

 

Il quitta Palos le 3 Août 1492 et dut lutter au cours de la traversée contre le découragement de l’équipage. Il aperçut la terre le 12 octobre suivant. Après Guanahani (San Salvador), il aborda à Cuba, puis à Haïti. Il revint en Espagne en mars 1493.

 

Il devait faire trois autres voyages de septembre 1493 à juin 1496, en 1498, de 1502 à 1504. Au retour du dernier voyage, il ne retrouva pas son crédit auprès du roi Ferdinand.

 

Christophe Colomb devait disparaître en 1506, sans avoir admis qu’il avait découvert un nouveau continent.

 

 

L’ouvrage

 

En 1933, Guy Lafarge, se délectait chaque semaine en lisant La semaine camique dans L’Illustration et les contes loufoques de l’humoriste Cami. En 1933, l’année où il venait de faire représenter au Trianon-Lyrique Niquette, sa première opérette, il acheta le dernier roman de Cami, L’Oeuf à Voiles ou Christophe Colomb : « Je trouvais dans ce roman un véritable livret d’opérette avec ses couplets, ses duos, ses ensembles variés », devait-il déclarer bien plus tard au journaliste André Gauthier.

 

Sans trop d’illusions, il écrivit à l’humoriste en lui proposant de mettre son livre en musique. Cami qui avait vu Niquette, lui répondit aussitôt et rendez-vous fut pris. On se mit rapidement d’accord pour travailler ensemble. Guy Lafarge apprit à cette occasion que Cami avait bien voulu écrire un livret d’opérette dont il destinait le rôle principal à Dranem. Mais ce dernier tardant à s’engager, il avait décidé de publier le livre comme une sorte de roman  "sonore" pensant que le lecteur pourrait, sur chaque couplet, mettre sa petite musique personnelle.

 

En 1934, Cami et Guy Lafarge travaillèrent deux mois sur Christophe Colomb. L’Oeuf à voiles devait être créé aux Bouffes-Parisiens (dirigé par Albert Willemetz) en 1937 avec Dranem. Malheureusement le fantaisiste disparut en 1936. Le projet fut remis… Puis la guerre vint…

 

La paix revenue, la santé de Cami se détériora. Souffrant de diabète, il dut être amputé. Ne se sentant plus capable de travailler à nouveau sur L’Oeuf, il accepta que Marc-Cab se charge de réaliser le projet avec Guy Lafarge. Cami devait disparaître en 1958. Marc Cab et Guy Lafarge proposèrent le rôle successivement à Jean Richard, Louis de Funès, Jacques Fabbri, Jean Le Poulain. Ils furent tous intéressés. Mais, attirés par le cinéma ou retenus par d’autres engagements, ils remirent à plus tard… Enfin, au hasard d’une conversation avec René Terrasson, alors directeur de l’Opéra de Nantes, le projet prit corps, et se réalisa (1977).

 

L’Oeuf à voiles fut très bien accueilli à la création, mais sa carrière resta modeste. En effet, les ouvrages ne tournaient pratiquement plus, depuis que Mogador et le Châtelet avaient ou étaient sur le point d’abandonner l’opérette. Et une création dans un grand théâtre de région attirait rarement l’intérêt des autres scènes de province. Ce fut le cas pour L’Oeuf à voiles qui outre Nantes, ne vogua guère qu’à Liège, Verviers et plus tard Strasbourg.

 

 

L'argument originel

 

L’action débute à Palos, en Espagne, en l’an de grâce 1492.

Christophe Colomb, matelassier de son état, est accablé de soucis. Il est marié à Séraphina, une mégère acariâtre ; des créanciers envahissants sont suspendus à ses chausses ; sa nièce Colomba s’est entichée d’un lieutenant de la Marine Française, Yves Pimpol, qui ne se préoccupe guère d’elle ; enfin, il cherche, sans y parvenir, le moyen de faire tenir un œuf debout.

Yves Pimpol voudrait rencontrer le mécène qui accepterait de financer l’expédition du siècle, destinée à découvrir l’Amérique. Pour fuir ses tracas, Christophe Colomb décide de joindre ses efforts à ceux du jeune homme.

Faute d’argent, les deux hommes ne réussissent qu’à affréter un vieux bateau-lavoir, que le propriétaire met gratuitement à leur disposition à condition d’en rester le capitaine. Affaire conclue. Colomb sera amiral, Pimpol, lieutenant, et quelques matelots à la mine patibulaire complèteront l’équipage.

Malagaga, un Grand d’Espagne échappé de l’asile, qui poursuit Séraphina de ses assiduités, est également du voyage.

S’appuyant sur le règlement qui interdit la présence de femmes à bord, Christophe Colomb refuse l’accès de l’embarcation à Colomba et Séraphina qui voulaient se joindre aux vaillants navigateurs.

Madame Philidor Friture, qui, accompagnée de quelques « pensionnaires » fort accortes, voulait profiter de l’expédition pour aller ouvrir une maison accueillante de l’autre côté de l’océan, est également priée de rester à terre.

Tout étant paré, le bateau-lavoir, baptisé à l’unanimité « L’Oeuf à voiles », quitte le port et vogue vers l’Amérique…

 

Pour les Palétuviens, l'argument a été adapté aux contraintes de durée et d’interprétation.

Le texte du 5ème tableau est de Stéphane Auduc, Jean-Sébastien Règue et Nicolas Aubagnac sur une idée de Hélène Haag.

 

Affiche originale (source: anao)

Argument par les paletuviens

(graphisme : David Thiolon)

L'Oeuf à voiles par les Palétuviens